Driving the car


Il y a de ces jours où conduire m’est vital. C'est presque une libération. Le temps de faire le tour, jusqu’au rond-point ou jusqu’au pont, fenêtres ouvertes, bras ballant, avant qu’il ne faille rentrer, revenir à la réalité. Il ne s’agit que d’une seconde ou deux, lorsque l’un de nous dépasse l’autre et que j’ai un millième de seconde pour jeter mon oeil curieux attiré par une main, un visage, une lumière, qui font que mon coeur batte très fort, que mon cerveau m’ordonne de partir à la chasse. A la chasse oui. De l’imagination, de la mémoire. "Où vas-tu” j’ai envie de lui dire, "qui es-tu?” il y a cette infime tension, entre privé et public, une transparence presque opaque, une rencontre presque parfaite. “…le monde est bien décevant vu dans une perspective générale, vu dans le détail il est toujours d’une évidence parfaite. Il y a toujours un instant à saisir, ou l’être le plus banal donne à voir son identité secrète...” Jean Baudrillard


There are days when driving is a liberation to me, a relief.. Drive around, until the roundabout or the bridge, open windows, arms dangling, before it is time to go back to reality. It's only a second or two, when one of us passes the other and I have a thousandth of a second to throw my curious eye, attracted by a hand, a face, a light, which make my heart beat very hard; and then my brain commands me to go hunting. To hunt, yes. Imagination, memory. "Where are you going?" I want to tell them, "who are you?". There is this tiny tension, am I intruding? Do I let go of an almost perfect encounter? No... definitely not "...